Vous avez déjà été sanctionné pour conduite sous l’emprise de l’alcool, et vous vous retrouvez de nouveau concerné par une affaire similaire ? Il est essentiel de comprendre que la récidive en matière d’alcool au volant est prise très au sérieux par la justice. Les peines encourues sont automatiquement alourdies et les conséquences sur votre vie professionnelle et personnelle peuvent être durables. Dans cet article, on décrypte ensemble tout ce qu’il faut savoir sur la récidive légale liée à l’alcool au volant.
| ⚖️ Récidive ? | 🚓 Sanctions | 🚗 Permis | 👨⚖️ Solutions |
|---|---|---|---|
| 2e infraction identique dans un délai de 5 ans après une condamnation | Jusqu’à 4 ans prison, 9 000 € amende, véhicule confisqué | Annulation automatique + interdiction jusqu’à 3 ans (EAD parfois possible) | Avocat indispensable pour vérifier la procédure & tenter une relaxe |
Quand parle-t-on réellement de récidive ?
La récidive légale est clairement définie par le Code pénal. Elle s’applique dans un cas bien précis :
- Si vous avez déjà été condamné définitivement pour un délit de conduite sous l’emprise de l’alcool (ou une infraction assimilée comme le refus de se soumettre au contrôle d’alcoolémie)
- Et que vous êtes intercepté pour des faits similaires dans un délai de 5 ans
Ces deux conditions doivent impérativement être réunies pour qu’on parle officiellement de récidive légale.
Quelle est la date qui “compte” pour déterminer la récidive ?
Ici, on entre un peu dans la technique juridique. Deux dates sont importantes :
- La date de la première condamnation définitive (c’est-à-dire après tous les recours possibles ou après expiration du délai d’appel)
- La date de la nouvelle infraction (celle pour laquelle vous êtes à nouveau poursuivi)
Si ces deux événements sont espacés de moins de 5 ans, vous êtes en récidive.
Quelles condamnations sont prises en compte ?
Quelques subtilités sont à connaître. Une composition pénale (procédure simplifiée sans procès) ou une contravention pour alcoolémie (par exemple entre 0,25 et 0,40 mg/l d’air expiré) ne suffisent pas pour caractériser la récidive. Le casier judiciaire mentionne néanmoins ces infractions, et le juge pourrait être plus sévère, sans pour autant vous appliquer les peines jugées “plancher”.
Les sanctions prévues en cas de récidive d’alcool au volant
Dans le cas d’une récidive légale, la loi parle de peines planchers, c’est-à-dire des sanctions minimales obligatoires. Les magistrats ne peuvent donc pas faire preuve de clémence en dessous d’un certain seuil.
Voici les principales peines encourues :
| Sanction | Première infraction | Récidive |
|---|---|---|
| Emprisonnement | 2 ans maximum | 4 ans maximum |
| Amende | 4 500 € | 9 000 € |
| Permis de conduire | Suspendu (décision du juge) | Annulation automatique avec interdiction de le repasser pendant jusqu’à 3 ans |
| Véhicule | Peut être confisqué | Confiscation obligatoire sauf exception motivée par le juge |
Et l’EAD dans tout ça ?
L’éthylotest anti-démarrage (EAD) est un système électronique empêchant le démarrage d’un véhicule si le conducteur a un taux d’alcool supérieur à la limite autorisée. Depuis la loi LOM, ce dispositif peut :
- Être imposé par un juge à la place de l’interdiction de conduire
- Être proposé par le préfet comme alternative à une suspension de permis
C’est souvent le cas pour les conducteurs professionnels qu’on souhaite maintenir en activité, tout en garantissant la sécurité routière. L’installation est à vos frais, et vous devez l’ajouter sur tous les véhicules que vous utilisez.
Peut-on refuser le contrôle d’alcoolémie en cas de récidive ?

Le réflexe de certains conducteurs est de refuser le test en espérant éviter la récidive légale. Mauvaise idée. Ce refus est une infraction à part entière et sera traité aussi sévèrement qu’une conduite en état d’ivresse ou avec alcoolémie positive. Vous risquez même une double infraction : le refus + l’alcool au volant.
Et dans le cas d’un refus, les forces de l’ordre peuvent vous poursuivre pour CEI (conduite en état d’ivresse manifeste). Cela repose simplement sur les comportements : odeur d’alcool, démarche chancelante, propos incohérents, etc. Il n’est donc pas nécessaire de prouver un taux d’alcoolémie mesuré. Le juge peut se baser sur ces simples constats.
La procédure en cas de récidive : étape par étape
Dès les premières minutes qui suivent le contrôle, une véritable machine juridique se met en marche. Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre :
- Rétention du permis immédiate pendant 72 heures
- Suspension administrative possible par le préfet pour 6 à 12 mois
- Convocation par le tribunal correctionnel
- Annulation du permis + interdiction de le repasser pendant une durée définie (jusqu’à 3 ans)
- Eventuelle confiscation du véhicule
Certains dossiers sont jugés en comparution immédiate : cela signifie que vous êtes jugé dans la foulée du contrôle. Il est donc urgent de communiquer au plus vite avec un avocat qui vérifiera tous les éléments de votre dossier.
Recours possibles avec un avocat
Heureusement, malgré les peines lourdes, tout n’est jamais définitivement perdu. Un avocat habitué au droit routier saura :
- Analyser chaque détail : date de jugement, forme de la précédente condamnation, respect des droits, erreurs de procédure
- Identifier d’éventuels vices de procédure dans le contrôle d’alcoolémie (non-respect du temps d’attente entre tests, documents mal remplis, etc.)
- Proposer une défense adaptée face au juge, en tenant compte de vos contraintes personnelles ou professionnelles
Dans les cas les plus favorables, une relaxe est possible. Cela entraîne la nullité de toute la procédure, avec un permis sauvé à la clé.
Et si mon permis est annulé, que dois-je faire ?
Là encore, il faut bien distinguer :
- L’annulation du permis (vous devez repasser les examens après la période d’interdiction fixée par le tribunal)
- La suspension (vous récupérez votre permis à la fin de la période si vous passez la visite médicale)
En cas d’annulation, voici les étapes à suivre :
- Attendre la fin du délai d’interdiction de repasser le permis (jusqu’à 3 ans)
- Passer une visite médicale obligatoire et un test psychotechnique
- Repassez le permis, code + pratique selon votre situation
Tout ce processus est encadré et parfois long. Ne tardez pas à initier les démarches dès que cela vous est autorisé.
Impact sur votre vie quotidienne : travail, assurance et casier judiciaire
Au-delà des peines judiciaires, la récidive a un impact concret sur votre quotidien :
- Assurance auto : vous êtes classé comme “conducteur à risque”. Votre assureur peut résilier votre contrat. Les nouveaux contrats spécialisés sont très coûteux.
- Casier judiciaire : une mention de récidive pour alcool au volant apparaît sur les bulletins 1, 2 et 3. Cela peut bloquer certains emplois ou concours.
- Travail : difficile voire impossible de continuer une profession de conducteur (chauffeur, livreur, commercial, etc.) sans permis.
Comment éviter d’en arriver là à l’avenir ?
Ce que tout cela nous rappelle, c’est combien la conduite sous alcool est risquée. Risquée pour vous, pour les autres, mais aussi pour votre avenir. Voici quelques conseils simples mais efficaces :
- Prévoir toujours une solution si vous buvez (Uber, taxi, ami sobre)
- Utiliser un ethylotest personnel avant de reprendre le volant
- Attendre suffisamment longtemps après consommation avant de conduire (un verre = 2 heures minimum)
Et si vous êtes dans une situation compliquée, la meilleure chose à faire est de prendre rapidement contact avec un avocat spécialisé. Il pourra vous accompagner pas à pas, sans jugement, pour défendre vos droits et minimiser les conséquences.
La récidive d’alcool au volant n’est pas une simple erreur de parcours. Elle montre le besoin urgent de prendre du recul, de se remettre en question et surtout… de ne plus recommencer. Pour vous. Et pour les autres usagers de la route.


