Stellantis surprend avec une décision radicale sur sa nouvelle voiture électrique

Stellantis

Le virage électrique connaît un nouveau coup d’arrêt. Stellantis, l’un des plus grands groupes automobiles mondiaux, a choisi d’abandonner son projet de RAM 1500 100 % électrique. Face à une demande jugée trop faible, le constructeur change de stratégie et mise désormais sur une version équipée d’un prolongateur d’autonomie. Une décision qui en dit long sur les incertitudes actuelles du marché.

Une demande moins forte qu’espéré

Depuis des années, les ventes de véhicules électriques progressent… mais pas au rythme espéré par les industriels. Prix encore élevé, anxiété liée à l’autonomie et réseau de recharge parfois insuffisant : autant d’obstacles qui freinent de nombreux acheteurs.

Le RAM 1500 électrique devait être lancé en 2024, mais son arrivée avait déjà été repoussée plusieurs fois, jusqu’à 2027. En septembre 2025, Stellantis a tranché : le modèle ne verra jamais le jour sous sa forme initiale.

Un contexte politique et industriel bouleversé

Cette décision s’inscrit dans un climat particulier aux États-Unis. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a modifié les politiques de soutien à la mobilité électrique, réduisant les incitations fédérales. À cela s’ajoute une réorganisation interne chez Stellantis, marquée par le départ de Carlos Tavares fin 2024.

Dans ce contexte, le groupe a revu sa copie. Plutôt que de persister avec un pick-up 100 % électrique dans un marché américain en perte de vitesse sur ce segment, il préfère miser sur une solution plus pragmatique.

Le RAM 1500 REV : l’électrique à prolongateur d’autonomie

Le projet n’est pas totalement enterré. Le pick-up sera commercialisé sous le nom de RAM 1500 REV (ou Ramcharger aux États-Unis). Sa particularité : la technologie REEV (Range Extended Electric Vehicle).

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Le principe est simple : une batterie de 91 kWh alimente le véhicule, tandis qu’un petit moteur thermique sert uniquement de générateur. Résultat : une autonomie annoncée de 1 100 km, tout en conservant les performances attendues d’un pick-up, comme une charge utile de 6,35 tonnes.

Ce choix n’est pas isolé. En Chine, plusieurs constructeurs testent déjà ce type de solution hybride, avec des modèles comme le Leapmotor C10 REEV ou le Xpeng G7 nouvelle génération.

Quelles perspectives pour l’Europe ?

Reste une question : ce modèle traversera-t-il l’Atlantique ? En France, il serait classé parmi les hybrides rechargeables. Ce qui l’exposerait non seulement au malus écologique, mais aussi au malus au poids, particulièrement pénalisant pour un pick-up de cette taille.

Pour l’heure, Stellantis ne donne aucun calendrier de commercialisation sur le marché européen. Le constructeur concentre ses efforts sur la version américaine, en misant sur l’équilibre entre autonomie, puissance et polyvalence.

Un symbole des hésitations du marché électrique

En abandonnant son pick-up 100 % électrique, Stellantis illustre les tensions du marché mondial : ambitions écologiques d’un côté, contraintes économiques et attentes clients de l’autre. Le futur de l’automobile pourrait bien passer par des solutions hybrides intelligentes et non par le tout-électrique, du moins pour certains segments comme les gros utilitaires et pick-up.

Une chose est sûre : l’électrique continue de se chercher. Et les choix stratégiques des grands constructeurs montrent que la route vers une mobilité décarbonée ne sera pas linéaire.

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Sylvie Mercier

Passionnée par la sécurité routière et les enjeux de société, je m’engage à travers mes écrits pour sensibiliser, informer et faire évoluer les mentalités. Ici, je partage mes convictions pour une route plus sûre et plus responsable.

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