Cette décision radicale de Stellantis rebat totalement les cartes de sa stratégie électrique

Stellantis

Coup de tonnerre dans l’automobile : Stellantis a décidé d’abandonner son ambitieux pick-up 100 % électrique RAM 1500, pourtant annoncé comme un modèle phare de sa gamme nord-américaine. Face à une demande plus faible qu’espéré, le constructeur change son fusil d’épaule et mise désormais sur une version à prolongateur d’autonomie. Une décision lourde de sens dans un marché en pleine mutation.

Un projet électrique abandonné

Le marché de la voiture électrique progresse, mais moins vite que prévu. Le coût élevé des modèles, les infrastructures de recharge encore incomplètes et la méfiance persistante des consommateurs freinent l’élan. Certains constructeurs parviennent à tirer leur épingle du jeu, mais tous ne connaissent pas le même succès.

C’est dans ce contexte que Stellantis a pris une décision radicale : arrêter purement et simplement le développement du RAM 1500 électrique. Le modèle, initialement prévu pour 2024, avait déjà vu son lancement repoussé à 2026 puis 2027. Finalement, il ne verra jamais le jour sous la forme annoncée.

Le groupe franco-italo-américain explique ce choix par le ralentissement de la demande pour les gros utilitaires électriques en Amérique du Nord. Un signe que l’électrique, aussi prometteur soit-il, ne peut pas encore tout conquérir.

Stellantis

Un virage vers le prolongateur d’autonomie

Plutôt que d’abandonner totalement le segment, Stellantis a choisi une stratégie intermédiaire : proposer le RAM 1500 REV, une version dotée d’un prolongateur d’autonomie. Derrière ce nom, une technologie qui associe une batterie électrique à un petit moteur thermique servant uniquement de générateur. Ce moteur ne fait pas tourner les roues, mais recharge la batterie en roulant, ce qui permet d’augmenter considérablement l’autonomie.

Sujet qui pourrait vous intéresser :  La Chine valide un hyperloop supersonique plus rapide que l’avion

Le constructeur promet jusqu’à 1 100 kilomètres d’autonomie, une capacité de remorquage impressionnante (plus de 6 tonnes) et des performances adaptées à un usage professionnel intensif. Cette approche s’inspire directement de modèles déjà popularisés en Chine, comme le Leapmotor C10 REEV ou le Xpeng G7.

Une stratégie influencée par la politique

Cette décision ne peut pas être dissociée du contexte politique. Depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les aides publiques à l’électrique sont revues à la baisse, tandis que certains projets industriels ont été stoppés. Dans ce climat, Stellantis a préféré sécuriser ses investissements en proposant une solution hybride, moins risquée que le tout-électrique.

En Europe, toutefois, les règles sont différentes. Le RAM 1500 REV serait classé parmi les hybrides rechargeables, soumis au malus écologique et au malus au poids, des taxes qui pourraient plomber sa compétitivité. Rien ne dit donc qu’il sera commercialisé sur le Vieux Continent.

Stellantis

Un symbole du marché actuel

Cette décision illustre bien le paradoxe du marché automobile : l’électrique séduit, mais pas encore suffisamment pour justifier certains investissements colossaux. Stellantis choisit une voie médiane, misant sur une technologie qui rassure les clients attachés à la polyvalence et à l’autonomie, tout en gardant un pied dans l’électrification.

Reste à savoir si cette stratégie sera payante. Une chose est sûre : le prolongateur d’autonomie pourrait devenir une étape incontournable avant un passage généralisé au tout-électrique.

Image de Sylvie Mercier
Sylvie Mercier

Passionnée par la sécurité routière et les enjeux de société, je m’engage à travers mes écrits pour sensibiliser, informer et faire évoluer les mentalités. Ici, je partage mes convictions pour une route plus sûre et plus responsable.

Articles de Sylvie

Articles similaires